dezembro 10, 2008

‘A Grécia, um país de humor autodestrutivo‘ in Courrier International, 10 de Dezembro de 2008


por Alexis Papachelas

J'éprouve un profond sentiment de désespoir quand je vois mon pays dévaler une pente sans fin. Un de mes amis l'a bien résumé : "Tu te souviens de l'euphorie que nous avons connue quand nous avons remporté le Championnat d'Europe de football [en 2004], et durant l'été des Jeux olympiques [la même année] ? Eh bien, aujourd'hui, je ressens exactement le contraire."

La mort d'un adolescent abattu par la police dans le quartier [contestataire] d'Exarchia le 6 décembre et les destructions qui ont suivi ont déclenché la colère et une vague de folie qui a étouffé toute raison. Les adolescents descendent dans la rue parce qu'ils sont déçus de ce qu'on leur a légué et qu'ils savent à quel point il leur sera difficile de maintenir leur niveau de vie à l'avenir. Et ils ont en outre le sentiment qu'aujourd'hui tout est permis.

La classe moyenne se désespère parce qu'elle sent que le gouvernement [conservateur, dirigé par Costas Caramanlis] est incompétent ; elle redoute ce qui l'attend dans le domaine économique. Les policiers baissent les yeux parce qu'ils se sentent perdus et qu'ils ne savent pas exactement en quoi consiste leur mission et comment l'accomplir. Le gouvernement a perdu le sens des réalités, il vit dans sa tour d'ivoire et parle de complot tout en déployant de plus en plus d'unités antiémeutes. L'opposition n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation et ne comprend pas que, si jamais elle revenait au pouvoir, bougies et belles paroles ne suffiraient pas, car les gens, surtout les jeunes, sont à bout.

Il est difficile de trouver une logique à la situation. Voilà un pays où l'Etat est désorganisé, où les forces de l'ordre sont désemparées, où des universités médiocres engendrent des foyers de colère plutôt que de transmettre le savoir, où le système de protection sociale est en ruine. Un pays qui, de plus, est au bord du gouffre financier. Et nous sommes là à débattre pour savoir si nous vivons dans un Etat policier, à revenir sur 1974 [la chute de la dictature des colonels], à ressasser les mêmes conversations sur les mêmes vieilles questions.

La responsabilité du gouvernement est immense. Une succession de scandales, d'erreurs et de décisions inadéquates a abouti à un Etat sans chef et à une inertie qui nous empêche d'aller de l'avant.

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=92577#
JPTF 2008/12/10

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